La 5ème phase du Raja Yoga

Table des matières

Après 4 mois de pratique du raja yoga, nous arrivons dans des exercices de plus en plus subtils et difficiles. Sans compter qu’ils s’additionnent à ceux mis en place précédemment.

La pratique demande donc de plus en plus d’énergie et d’attention. D’un autre côté, comme les différentes visions sont intégratives, elles parviennent à s’intégrer en un tout cohérent.

Nous allons voir comment mettre en place les éléments de ce 5ème mois de Raja Yoga qui nous approche de la fin de cette introduction au raja yoga.

Retour d’expérience du 3ème mois

Ne pas voler ou s’approprier les idées

J’ai toujours été très (trop ?) respectueux des possessions des autres. Je n’aurais jamais l’idée de voler. Même ne pas payer mon ticket de bus me paraît insensé. Je laisse aussi facilement aux autres les fruits de leur travail, j’ai même tendance à leur laisser les fruits du mien.

Comme je ne cherche pas à avoir ou à me mettre en valeur, respecter le principe de ne pas voler ne m’a pas demander trop de travail, au contraire, ça a justifié mon comportement du point de vue du yoga.

L’austérité

Voici un point sur lequel j’ai eu de la difficulté à travailler pendant le 3ème mois. Je ne suis d’ordinaire pas quelqu’un de trop emporté par ses désirs, mais je n’ai pas réussi à trouver la volonté de m’imposer des restrictions.

J’ai trouvé plein d’excuses pour ne rien mettre en place : la période est chargée, je n’ai pas le temps, je passe des étapes importantes de mon évolution… Il y avait toujours moyen d’arrêter mes aspirations. D’autant que si je comprenais bien le principe, j’avais de la difficulté à l’intégrer.

Ce n’est qu’actuellement que nous avons décidé de faire un régime sans sucre sur un mois pour équilibrer notre flore intestinale. Voilà un vrai acte d’austérité pour moi qui suis un bec à sucre.

En plus de m’aider à équilibrer mon organisme, ça me permet de travailler sur ma volonté. Les occasions de craquer sont nombreuses et j’ai déjà fait quelques entorses, mais dans l’ensemble la démarche me permet de bien mettre en place ce processus de l’austérité tout en équilibrant mon système digestif.

Les astanas

Étant carbonique et absolument pas souple, j’ai tout de suite opté pour la position assise. Il me faudrait beaucoup trop d’efforts pour tenir quelques minutes les autres positions et la douleur m’empêcherait de méditer efficacement. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Je n’ai donc pas vraiment travaillé pour acquérir davantage de souplesse.

La respiration

Je connaissais et pratiquais déjà l’exercice de respiration de ce mois, il m’a donc été facile de l’appliquer, même si j’aurais pu le réaliser plus régulièrement.

Les dernières modifications du comportement

Ce mois, nous allons aborder les derniers comportements liés au Raja Yoga. Par la suite, il s’agira de continuer à tous les appliquer comme un modèle de base sabs devoir en ajouter de nouveaux.

Aparigraha, ne pas posséder

Ce dernier élément d’auto-restriction correspond bien aux Yoginis ou aux acètes qui vivent en Inde sans rien posséder, mais il semble bien plus difficile à tenir dans notre société où la possession est mise en exergue.

Dans une approche équilibrée du Raja Yoga, qui ne nous oblige pas à quitter tout ce que nous possédons pour aller vivre dans un ashram dénué de tout, ce principe peut être regardé sous un autre angle. L’important est d’observer ce qu’on possède et les raisons pour lesquelles on a l’impression d’avoir besoin de garder tout ça.

Ne posséder que ce qui est important pour notre vie

Parmi les nombreuses choses que nous possédons, qu’est-ce qui est vraiment important pour notre existence ? Si nous devions être honnête, est-ce qu’un téléphone dernier cri, un écran géant ou 5 pairs de chaussures nous sont vraiment utile ?

Ce principe nous amène à faire une vraie réflexion sur ce que l’on possède et ce que l’on achète. Est-ce un besoin ? une envie ? une habitude ? un désir qui ne nous appartient même pas ?

Avec l’influence du marketing, la plupart des personnes achètent sous le coup de l’émotion des objets dont ils n’ont pas besoin. On nous fait croire que tel habit est indispensable, alors que dans le fond, nous savons que nous ne le porterons pas plus de trois fois…

Ce principe nous pousse donc à sortir de nos habitudes de consommation et des règles mises en place par notre société.

D’un autre côté, faire des réserves (d’argent, de nourriture, de papier toilettes, etc.) juste par peur de manquer n’a pas plus de sens au niveau du Yoga, car l’union avec le divin doit être exempte de peurs pour être fluide. C’est le principe de la foi.

Ne pas s’attacher aux choses

Cela ne signifie pas que nous devions jeter ou donner ce qui n’est pas nécessaire, bien que cela soit une possibilité.

La base de ce principe est principalement le non-attachement aux choses et à la possession. Si je considère qu’avoir est important pour me sentir bien, en sécurité, heureux ou en paix par exemple, je suis à l’encontre de ce principe.

Une personne qui vit dans ce principe peut posséder des choses sur le papier, mais sans réellement les posséder ni s’en soucier. Seul ce qui est important pour nos besoins peut conserver un peu de vraie valeur.

Utiliser les objets de manière intelligente

Ce qui est important n’est pas tant ce que nous possédons que la manière dont nous l’utilisons, l’aide que nous pouvons apporter aux autres.

Si par exemple nous utilisons notre voiture pour aider nos voisins à aller à l’hôpital, cela n’aura pas le même impact que si nous allons faire un tour en montagne pour nous changer les esprits.

Selon les principes du Yoga, nous ne sommes pas sur Terre pour assouvir nos désires, mais vivre une vie spirituelle dans l’incarnation. Les objets doivent nous aider dans ce but. Par exemple, avoir assez d’argent pour vous permettre de méditer dans de bonnes conditions a du sens, en avoir pour vous payer des vacances à Aspen beaucoup moins, du moins en ce qui concerne le Yoga.

Le divin comme pourvoyeur de vie

Suivre ce principe permet d’atteindre la vraie liberté en se libérant des dépendances matérielles. Nous ne sommes plus soumis à avoir pour être.

Il est commun d’entendre les histoires de personnes ayant réussi à se détacher des éléments du quotidien et qui voient le divin pourvoir à ce dont ils ont vraiment besoin. Ils deviennent alors totalement libres et heureux.

Ishwara pramidhana, se dévouer à un idéal

Une fois non-attaché à nos désirs, nos possessions et à nos émotions terrestres, nous pouvons nous consacrer entièrement au divin. Dans la tradition Indoue, Ishwara représente notre plus haute part divine au-delà de tout.

Ce principe consiste à placer le divin au centre de sa vie, de se consacrer à un idéal plus grand que nous.

Même si traditionnellement cela impliquait de tout quitter pour vivre une vie d’hermite ou de moine, ce n’est pas nécessaire d’en passer par ces extrêmes.

Il nous est tout à fait possible d’inclure le divin dans notre vie courante, en l’incluant dans chaque moment et en visant des objectifs élevés.

Chacune de nos actions devrait avoir un but plus élevé que notre confort et nos désirs. C’est l’art du service. Pas du service pour plaire, mais pour permettre à tout le monde d’avancer vers le divin à sa manière.

On peut décider de créer une entreprise spirituelle, de fonder une communauté, de s’investir pour une grande cause ou simplement d’aider les gens de son quartier.

Quand on parle du divin, il n’existe ni petit ni grand service, ce dernier s’intéresse juste à la profondeur de notre investissement.

Restriction sensorielle

Dans le dernier mois, nous avons travaillé sur la restriction de la vue, de l’odorat et du goût. Nous allons maintenant travailler sur les derniers sens.

Restriction de l’audition

L’ouïe est un sens difficile à couper. Seuls les grands maîtres y arrivent. On peut cependant apprendre à ne pas poser d’intention ou d’importance sur les différents sons qui nous entourent.

Ecouter les petits bruits

D’habitude, notre cerveau efface les petits bruits, sauf dans le silence où ils prennent une place énorme.

Dans ce premier exercice, nous allons apprendre à contrôler notre ouïe pour la faire se diriger vers des sons précis.

  • Installez-vous dans un endroit tranquille et relativement silencieux
  • Écoutez les bruits qui vous entourent et en vous, du plus fort au plus faible, sans émettre de jugement ou essayer d’analyser ce bruit
  • Vous pouvez remarquer comme les bruits plus forts

Écouter une musique intérieure

Après avoir réalisé l’exercice précédent, vous pouvez vous concentrer sur une musique ou un mantra dans votre tête.

Le principe est que cette musique couvre tous les autres sons que vous entendez. Une fois que vous y arrivez, coupez cette musique dans votre tête. Vous pourrez alors entendre le silence et derrière le silence le son primordial de l’univers.

Il faut généralement du temps et de l’entraînement pour réussir cet exercice. N’abandonnez pas après quelques fois.

Différentier les instruments

Un autre exercice consiste à différentier les instruments d’un orchestre et par exemple n’écouter que les violons ou que le piano.

C’est un excellent exercice pour développer ses capacités de concentration.

Contrôler son toucher

Le sens du toucher est le plus difficile à restreindre. En dehors d’une anesthésie, il est généralement nécessaire d’être plongé dans une trance profonde pour le couper.

À ce niveau, nous n’allons pas essayer de le restreindre complètement, mais juste d’en avoir la maîtrise.

Il s’agit d’un exercice très important pour méditer, car les sensations d’inconfort envoyés par notre corps sont souvent les premières causes pour nous faire arrêter.

Écouter son corps

Le premier exercice consiste à s’asseoir, fermer les yeux et attendre environ 5 minutes sans bouger.

Après ces quelques minutes, écoutez votre corps. Quelles sont les tensions ? Les zones détendues ? Quelles autres sensations ressentez-vous ?

Lorsqu’on n’a pas l’habitude, rester plusieurs minutes sans bouger est difficile. Nos nerfs demandent que nous bougions nos muscles en nous amenant des sensations desagréables. Vous pouvez bouger si vous le désirez, mais pas avant à voir écouter l’ensemble des sensations de votre corps.

Écouter nos sensations internes

Une fois l’exercice précédent bien maîtrisé, il est possible de se concentrer sur nos sensations internes, au niveau de nos organes ou de notre sensibilité subtile.

Pour cela, déplacez vos perceptions vers l’intérieur. Le plus facile au début est généralement de ressentir les battements de son cœur ou la pulsation du sang dans ses grosses artères. Le mouvement de son estomac après avoir mangé est également relativement facile à sentir.

Vous pouvez progressivement percevoir des éléments de plus en plus subtils, jusqu’aux énergies qui traversent votre corps. Les plus entraînés pourront ressentir leurs cellules ou leurs molécules. En écoutant ses sensations internes, vous couperez naturellement votre sens du toucher.

Concentration (dharana)

La concentration est le dernier exercice à maîtriser avant de commencer à méditer sérieusement.

Les personnes habituées à méditer connaissent déjà bien ce type d’exercice, cependant on n’est jamais assez entraîné en concentration. Même les plus grands maîtres continuent à réaliser ce type d’exercices.

Ls concentration est nécessaire pour entrer dans une trance profonde et s’approcher du Samadhi, l’état de grâce absolue.

Objets de la concentration

La base de cet exercice est simple : se concentrer sans discontinuer sur un élément précis. Vous pouvez utiliser :

  • Un objet immobile
  • La flamme d’une bougie
  • Une partie de son corps
  • Son souffle
  • Une image mentale
  • Une idée
  • Un paysage

Au début, vous pouvez vous fixer 10 secondes, puis monter jusqu’à plusieurs dizaines de minutes. L’idée est qu’à chaque fois qu’autre chose traverse votre esprit, vous recommencez au début.

Au départ, cela peut sembler impossible, mais avec le temps, notre concentration s’améliorera.

S’élever vers le divin

Le principe de ce mois est le non-attachement et établir le lien avec le divin. Les exercices proposés dans les mois précédents sont là pour nous préparer à ce contact.

Si vous ne les avez pas vraiment réalisés, il est conseillé de le faire avant de vous lancer dans les différents comportements et exercices de ce mois.

Et vous, où en êtes-vous de vos avancées ? Dites-le nous en commentaire. Nous nous ferons un plaisir de vous lire.

Amicalement vôtre,

Wanderer

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